Insectes : petits indicateurs de grands désastres
On pense souvent que l'impact de la pollution actuelle sur nos cours d'eau et la pression de pêche sur ces mêmes rivières on pour effet direct la mortalité des poissons... Même si ca n'est bien sûr pas totalement faux, il faut savoir que le danger de nos deversement et nos rejets en tout genre sur l'ensemble de nos réseaux hydrographiques agressent de façon beaucoup plus vicieuse nos cours d'eau!
En effet, il ne faut pas oublier que le fragile équilibre de nos rivières commence bien sûr par un processus de chaîne alimentaire qui maintient toute la faune environnante, et il est important de ne pas oublier que dans le milieu aquatique, notamment celui des rivières, cette chaîne alimentaire commence par... les insectes et autres petits crustacés. Fussent-ils aquatiques ou terriens, ces petits invertébrés collaborent etroitement à la santé du cours d'eau et alimentent quasiment au "bas de l'échelle" tout les autres habitants de ce dernier.
Trichoptères, éphéméroptères, plécoptères, diptères, colléoptères, quelle que soit la famille de ces petites bébêtes, elles contribuent directement ou indirectement à la survie des poissons et batraciens qui en sont très friands.
Or, les rejets actuels que doivent subir nos rivières, notamment les rejets "agricoles" comme les engrais et les pesticides, colmatent les fonds des petits, moyens et grands cours d'eau, empêche une bonne oxygénation de ces derniers par la formation d'algues et de mousse qui finissent par étouffer le biotope aquatique! Des apports en nitrate et phosphate trop répandus finissent par transformer les fonds aquatiques dans lesquels la plupart des insectes aquatiques passent la plus claire partie de leur vie sous forme de larves! Aujourd'hui certains fonds de galets se sont transformés en tapis de mousse gluante d'ou on ne peut voir remonter... plus que des bulles!
De ce fait, on ne peut que malheureusement constater le desastre sur dejà beaucoup de rivières ou l'on ne peut d'ores et déjà plus assister a ces magnifiques éclosions d'éphémères ou de trichoptères!
On croirait donc souvent que les poissons eux même meurent directement sous les pressions conjuguées des rejets industriels et des pêcheurs avides de belles prises, mais on oublie souvent de voir ce qui est moins visible, comme ces petites larves d'insectes qui remontent doucement vers la surfaces pour virevolter au dessus de l'eau a la fin d'une chaude journée d'été et qui constituent alors un met de choix pour notre poisson favori! Notre égoisme latent vis a vis de notre environnement n'a finalement pour effet que celui de leur enlever le pain de la bouche!
Et oui, decidemment, le monde de l'infiniment petit pourrait bien révéler les dommages irrévérsible causés par le monde des... grands!
Ici un plécoptère au repos immortalisé par l'ami Chum!
