Pêche et philosophie
Aaaaaah le capot, la bredouille, la brocouille, le grand vide, l'instant de solitude et de désarroi du pecheur rentrant chez lui sans avoir pu voir le reflet d'une ecaille au creux de ses mains ou dans les profondeurs de sa filoche!!! Quelle guigne!
Ceci etant dit la pêche à la mouche a ceci de réconfortant qu'elle procure un plaisir qui va bien au delà de la prise même du poisson! A l'heure de la comsommation de masse, du gâchis absolu, de la course au profit et à la rentabilité forcenée, est apparu une "espèce" de pêcheurs qui auraient tendance à "deffriser" les moustaches du pêcheur-conservateur le plus chevronné: le no-killer... ou toute autre forme de pêcheur, qui, amoureux de la nature et soucieux de l'équilibre déjà précaire de nos rivières, remet consciencieusement et de facon categorique ses prises à l'eau! Et oui, il leur rend leur liberté chérie!
Pourquoi je vous dis ca? Chacun fait comme il veut bien sûr, mais le plaisir de la pêche à la mouche pourrait bien découler de cette philosophie, de cette intimité qui lie le moucheur à la proie qu'il recherche... Un seul leimotiv : leurrer la truite, la tromper, la confondre!
Aussi, au delà des techniques et du materiel toujours plus poussés, on se rendra vite compte que les mots d'ordre sont la discretion, l'approche et l'observation! Ainsi, tel un "sioux" traquant son gibier, il lui faudra se fondre le plus possible dans le decor, ne pas faire de bruit, et surtout observer, et encore observer... car si certaines truites, bonnes filles qu'elles sont ne se gênent pas pour manifester leur appetit, il en est tout autre de certaines "mémères" qui fuieront au moindre bruit, au moindre frémissement de l'onde, ou a la vue d'une ombre, ou d'une couleur qui ne lui est pas forcement familière! Et celles ci sont souvent les plus belles! ;-)
Alors? alors être au bord d'une splendide rivière, se faufiler, crapahuter, observer, se cacher et tenter la "belle des eaux vives" qui croisent le long d'une berge, le voilà le plaisir du moucheur moderne, et si le poisson est piqué, ce sera l'apogée d'avoir pu le tenir, le ramener et surtout... surtout... le remettre doucement à l'eau et le voir repartir dans sa rivière natale! Toute une philosophie, qui assure non seulement le plaisir du pecheur, mais aussi et surtout la pérénité de l'espèce qu'il pêche! ;-)
N.B. Merci à l'ami Chum pour la super photo! ;-)
Votre humble narrateur sur les berges de la Valserine...observation ou méditation?
